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Cancers : symptômes et diagnostic

Cancer de la vulve : les signes persistants à ne pas laisser sans examen

Éloïse Garrel-Chauveau 9 min de lecture
Cancer de la vulve : table de consultation et biopsie vulvaire

Publié par : — Rédactrice spécialisée en cancers : symptômes et diagnostic

Des démangeaisons vulvaires qui persistent, une plaie qui ne cicatrise pas ou un saignement inhabituel méritent un examen médical. Ces symptômes ont souvent une cause non cancéreuse, mais ils peuvent aussi révéler un cancer de la vulve. Seule une biopsie permet de confirmer le diagnostic. Lorsqu’un cancer est découvert, le traitement dépend de son étendue, avec une place centrale pour la chirurgie.

Reconnaître les changements qui justifient une consultation

La vulve correspond aux organes génitaux externes : grandes et petites lèvres, clitoris et région entourant les ouvertures du vagin et de l’urètre. Elle ne doit pas être confondue avec le vagin, situé à l’intérieur. Un cancer vulvaire peut commencer par une modification discrète de la peau, parfois sans douleur.

Quiz de compréhension : cancer de la vulve

Testez votre compréhension des informations présentées dans l’article.

Progression : 0 / 6 question Score : 0 / 6
1. Que désigne principalement la vulve ?

2. Quel signe persistant doit être examiné par un professionnel de santé ?

3. Quel est le rôle principal de la biopsie dans l’évaluation d’une lésion de la vulve ?

4. Lequel fait partie des facteurs pouvant augmenter le risque de cancer de la vulve ?

5. Que cherche notamment à déterminer la stadification de la maladie ?

6. Quel principe guide le choix du traitement ?

Corrections détaillées

1. Anatomie : La vulve correspond aux organes génitaux externes, notamment les lèvres et le clitoris.

2. Signes à faire examiner : L’article rappelle qu’une démangeaison, une douleur, une plaie, une modification de la peau ou un saignement persistant doit être évalué.

3. Biopsie : Elle consiste à prélever un fragment de tissu afin que son analyse contribue à confirmer ou préciser le diagnostic.

4. Facteurs de risque : L’article cite notamment l’infection persistante par certains HPV parmi les facteurs associés au risque.

5. Stadification : Elle évalue l’étendue de la maladie, notamment la taille de la tumeur et une éventuelle atteinte des ganglions ou d’autres organes.

6. Traitement : Les principes de traitement sont adaptés au stade et peuvent comprendre une chirurgie, une radiothérapie et, selon les situations, des traitements médicamenteux.

Rappel important : ce quiz ne remplace pas un avis médical. Tout symptôme ou changement persistant de la vulve doit être examiné par un professionnel de santé.

Les manifestations à faire examiner comprennent :

  • un prurit vulvaire persistant, c’est-à-dire des démangeaisons qui ne disparaissent pas ou reviennent régulièrement ;
  • une plaque rouge ou blanche, un épaississement ou un changement de couleur localisé ;
  • un nodule, une excroissance ou une ulcération qui ne guérit pas ;
  • un saignement provenant de la vulve, notamment au contact ;
  • une douleur, une brûlure à la miction ou une gêne pendant les rapports ;
  • une grosseur au niveau de l’aine.

Une irritation, une mycose ou une maladie inflammatoire peuvent provoquer des symptômes proches. L’apparence seule ne permet pas de distinguer une lésion bénigne d’un cancer. Il faut donc consulter un médecin généraliste, un gynécologue ou un dermatologue lorsqu’une anomalie persiste, s’aggrave ou résiste au traitement prescrit, sans multiplier les traitements antifongiques en automédication.

Une lésion visible, une plaie ou un saignement inexpliqué justifient un rendez-vous rapide. Un saignement abondant, une douleur intense ou une difficulté importante à uriner nécessitent une évaluation urgente. L’absence de douleur ne suffit pas à rassurer.

Une maladie rare, avec plusieurs terrains de risque

Le cancer de la vulve représente environ 800 à 1000 nouveaux cas annuels en France, soit 3 à 5 % des cancers gynécologiques. Il touche surtout les femmes après la ménopause, mais peut aussi survenir plus jeune. Les estimations de l’âge moyen au diagnostic varient, avec des valeurs rapportées de 70 ans et de 74 ans selon les populations étudiées.

Schéma du parcours de diagnostic du cancer de la vulve, de la consultation à la biopsie et à l'analyse anatomopathologique
Schéma du parcours de diagnostic du cancer de la vulve, de la consultation à la biopsie et à l’analyse anatomopathologique

Le carcinome épidermoïde, développé à partir des cellules de surface, représente environ 90 % des cas. Les mélanomes vulvaires en représentent environ 5 %, et les autres formes, notamment les adénocarcinomes et carcinomes basocellulaires, environ 5 %. Ces différences comptent : toutes les tumeurs vulvaires ne se traitent pas de la même manière.

HPV et maladies cutanées : deux situations à distinguer

Certains cancers sont associés à une infection persistante par un papillomavirus humain, ou HPV. D’autres se développent sans lien avec le HPV, notamment sur une peau fragilisée par une maladie chronique comme le lichen scléreux. Le tabagisme et l’immunodépression constituent également des facteurs de risque. Avoir un facteur de risque ne signifie toutefois pas que l’on développera un cancer.

Une lésion précancéreuse n’est pas encore un cancer invasif : les cellules anormales n’ont pas envahi les tissus sous-jacents. Sa surveillance et son traitement peuvent prévenir une évolution. La vaccination contre le HPV, selon les recommandations en vigueur, contribue à prévenir les lésions liées aux types viraux ciblés, mais ne protège pas contre tous les cancers vulvaires. Le suivi d’un lichen scléreux reste donc essentiel.

De l’examen à la biopsie : obtenir une réponse fiable

La consultation commence par l’histoire des symptômes, les traitements essayés et les antécédents. Le médecin examine l’ensemble de la vulve et palpe les ganglions de l’aine. Un examen gynécologique complémentaire peut être proposé. Une observation sous grossissement, à l’aide d’un colposcope, aide parfois à repérer les zones à prélever.

La biopsie vulvaire est l’examen clé. Elle consiste à prélever un petit fragment de la lésion, généralement sous anesthésie locale. L’analyse anatomopathologique, réalisée au microscope, distingue une inflammation, une lésion précancéreuse et un cancer, puis précise le type tumoral. Demander une biopsie ne signifie donc pas que le cancer est déjà confirmé.

Pour préparer le rendez-vous, constituez une petite capsule chronologique : date d’apparition, emplacement précis, évolution, traitements utilisés et effet obtenu. Cette mémoire écrite permet de distinguer une amélioration passagère d’une véritable guérison et de signaler une lésion qui revient toujours au même endroit. Elle aide aussi à parler d’une zone intime sans devoir retrouver tous les détails sous l’effet du stress.

Un frottis du col de l’utérus normal n’exclut pas un cancer de la vulve : il n’examine pas les mêmes tissus. Si l’anomalie persiste malgré un premier avis rassurant ou un traitement, une nouvelle consultation est nécessaire.

Le stade guide le choix des traitements

Une fois le diagnostic établi, le bilan d’extension recherche la profondeur de la tumeur, son extension aux structures voisines et une éventuelle atteinte ganglionnaire. Selon la situation, une échographie, une IRM, un scanner ou un PET Scan peuvent être demandés. Tous ces examens ne sont pas systématiques.

La stadification va de I à IV. De façon simplifiée, elle distingue une tumeur limitée à la vulve, une extension locale, une atteinte des ganglions régionaux et des formes plus étendues. Le classement précis dépend de critères anatomiques et anatomopathologiques : la taille visible ne suffit pas à déterminer le stade ni le pronostic.

Une chirurgie adaptée, plutôt qu’une ablation systématiquement étendue

La chirurgie est souvent le traitement principal des formes localisées. Elle retire la tumeur avec une marge de tissu sain ; une vulvectomie partielle ou, dans certaines situations, plus étendue peut être nécessaire. L’objectif est de traiter la maladie en préservant autant que possible les fonctions et l’anatomie. Une reconstruction peut être proposée.

Chez certaines patientes, la technique du ganglion sentinelle permet d’analyser les premiers ganglions drainant la zone tumorale et de limiter l’étendue de la chirurgie ganglionnaire. Elle n’est pas adaptée à tous les cas. Une lymphadénectomie, c’est-à-dire le retrait de plusieurs ganglions, peut être indiquée.

Radiothérapie et traitements médicamenteux selon l’extension

La radiothérapie peut compléter la chirurgie ou être associée à une chimiothérapie, notamment dans certaines formes localement avancées. La stratégie est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire, ou RCP, en tenant compte du stade, du type de cancer, de l’état général et des préférences de la patiente. Il n’existe pas de traitement unique valable pour toutes.

Préserver la qualité de vie pendant et après les soins

La prise en charge ne se limite pas à retirer la tumeur. Les douleurs, la cicatrisation, la fatigue, l’image corporelle et la sexualité doivent pouvoir être abordées dès le début. Après une chirurgie ganglionnaire ou une radiothérapie, un lymphœdème, c’est-à-dire un gonflement lié à une mauvaise circulation lymphatique, peut nécessiter des soins spécifiques.

Le suivi sert à repérer une récidive, une nouvelle lésion ou des séquelles. Son rythme est personnalisé. Entre deux rendez-vous, toute nouvelle plaie, démangeaison durable ou grosseur doit être signalée sans attendre la consultation prévue. Un accompagnement psychologique, une consultation de sexologie ou des soins de rééducation peuvent être proposés selon les besoins.

Face à un diagnostic récent, demandez à l’équipe de préciser le type de tumeur, son stade, l’objectif du traitement et ses conséquences possibles. Un symptôme persistant mérite une réponse médicale, mais ne constitue pas à lui seul un diagnostic de cancer. Ces informations aident à comprendre le parcours ; elles ne remplacent pas un examen personnalisé.

Éloïse Garrel-Chauveau

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